Alejandro Olivares

Né en 1981, Alejandro Olivares a appris très jeune la photographie avec son grand-père avant de travailler comme assistant puis de s’établir en tant que photographe.
« être le regard de ceux qui ne voient pas et la voix de ceux qui sont réduits au silence. » Particulièrement intéressé par les récits sociaux et territoriaux, ses séries semblent témoigner d’une forte continuité avec les photographes chiliens des années 1970/1980 marqués par la dictature, non pas en terme de style ou de pratiques documentaires mais plutôt par la conscience qui les sous-tend.

Alejandro Olivares est cofondateur de Buen Lugar Ediciones, maison d'édition spécialisée dans les livres de photographie. De 2006 à 2018, il est rédacteur en chef de la rubrique photographie du magazine The Clinic au Chili, journal satirique d’investigation. Il collabore aujourd’hui avec de nombreux médias nationaux et internationaux et a reçu divers prix parmi lesquels le Pictures of the year Latam (POY), prix du meilleur livre photo 2025, le prix d'excellence en journalisme de l'université Alberto Hurtado 2023. Son travail est régulièrement exposé au Chili, en Espagne, Suède, Argentine, Équateur, Russie, Allemagne, Chine et au Brésil.

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El Atlas de la Historia abstracta y subjetiva de Chile

extrait de la série présentée AU FEstival cargo 2026

Pour ce projet d’atlas développé entre 2009 et 2025, Alejandro Olivares va s’inspirer du travail de Claudio Gay, naturaliste et historien franco-chilien. Ce dernier a parcouru le Chili pendant 7 ans à partir de 1830 et réalisé les premières études approfondies de la flore, la faune, la géologie et la géographie. Cette recherche donne lieu à un ouvrage à l’iconographie riche et précieuse : Historia física y política de Chile.

La représentation territoriale a toujours été un instrument clé pour la connaissance, l'administration et la construction symbolique des États-nations. Dans ce contexte, les atlas ont joué un rôle central en tant qu'outils d'organisation de l'espace, synthétisant les informations géographiques, économiques et sociales dans le but de guider à la fois la planification gouvernementale et la compréhension du territoire par le grand public. Cependant, ces représentations sont souvent influencées par des critères techniques, fonctionnels et souvent idéologiques qui tendent à rendre certaines réalités invisibles ou à privilégier des visions homogènes du pays.

Partant du principe que le territoire n'est pas seulement un espace physique, mais aussi un réseau de souvenirs, d'affections et d'identités qui façonnent la richesse et la complexité d’une nation, Alejandro Olivares parcourt le littoral chilien pour documenter et rendre visibles les dimensions humaines, symboliques et culturelles du pays qui échappent aux registres conventionnels. En photographiant des lieux qui ont une importance historique, du fait d'événements sociaux ou politiques, ou en raison de leurs caractéristiques naturelles, en documentant les transformations que l’activité humaine y a produites, le photographe construit lui aussi au gré de ses images un atlas miroir du pays : El Atlas de la Historia abstracta y subjetiva de Chile.