Esther Donikian

Esther Donikian, née en 1997 à Rennes, vit et travaille à Nantes. En parallèle de sa pratique d’architecte, elle multiplie les expériences dans différents domaines : photographie, graphisme, menuiserie, design ou encore scénographie. C’est au cours de ses études d’architecture qu’elle découvre la photographie, en cherchant à documenter l’environnement urbain qui l’entoure. Très vite, ce médium s’impose comme un moyen d’appréhender l’espace, en jouant avec le banal, le vide, l’ordinaire. La photographie lui permet de mener un travail exploratoire du territoire en interrogeant la fabrique de la ville, du paysage, des espaces publics. Sa pratique explore les possibilités plastiques et narratives de la photographie, en portant une attention particulière au cadrage. L’image est construite comme une scène à la frontière du réel, où le commun devient troublant et où le vide constitue un élément à part entière du récit.

 
 
 

série réalisée en résidence à saint-nazaire, présentée au festival cargo 2026

« Ce travail de résidence photographique a débuté par un temps d’exploration du territoire. Une première phase de recherche a consisté à cartographier la ville de Saint-Nazaire afin de comprendre son aménagement, la manière dont elle s’est développée, et la façon dont son littoral s’organise. Parallèlement, un travail de recherche théorique a nourri ma réflexion, à travers la lecture d’essais et d’articles consacrés à la plage et aux espaces publics. Peu à peu, un sujet s’est imposé : interroger le lien qui unit la ville et la plage, et plus précisément l’espace liminaire qui se situe à leur jonction.

Cette exploration a ensuite pris la forme d’un arpentage ritualisé du territoire : traverser les mêmes espaces à pied ou à vélo, à différents moments de la journée et à plusieurs périodes de l’année, afin de saisir les rythmes et les usages qui façonnent ces lieux. Mon projet photographique a débuté et s’est accompagné de croquis et de schémas, afin de décortiquer et de comprendre ce que les images produites racontaient des espaces arpentés. 

Lieu de circulation, de mise en scène sociale et de rencontres, la plage se recompose sans cesse. Elle ne saurait pourtant se réduire à la simple définition d’un espace public, tant elle est animée par un régime d’urbanité, de sociabilité, et un imaginaire corporel qui lui sont propres. À Saint-Nazaire, la plage apparaît comme un espace poreux, où deux mondes – celui de la ville et celui du littoral – se rencontrent et se transforment mutuellement. La ville déborde sur le sable, tandis que la plage infiltre les espaces urbains. Ce travail photographique s’attache ainsi à observer ce que produit cette rencontre : les formes, les gestes et les situations qui émergent dans cet espace liminaire entre ville et rivage. »

Esther Donikian